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BONNES PRATIQUES

Les sites web des ambassades

[Avril 2007]

Nous avons franchi la porte (virtuelle) des ambassades implantées en Belgique. Dans leur version en ligne, certaines représentations officielles perdent une grande partie de leur prestige. Avec tout le respect que nous vous devons, Messieurs les ambassadeurs, nous nous permettons ici quelques observations critiques.


4 exemples à suivre


L'ambassade d'Israël Très complet et bien structuré
 

Le site web de l'ambassade d'Israël à Bruxelles

[Prise d'écran - 26 avril 2007 -
www.ambisrael.be
]

Le réseau diplomatique israélien investit sans compter dans la communication. De nombreuses informations sont disponibles sur le site web. Toutes les facettes du pays sont développées à travers des rubriques thématiques : culture, tourisme, économie, politique, service consulaire. Le visiteur trouve aisément son chemin, à travers cette masse d’information, grâce à des menus déroulants clairement découpés. Vous y trouverez de nombreux contenus pratiques : cartes géographiques, recettes de cuisine, extraits musicaux, cours d’hébreu,... La production éditoriale est impressionnante : les actualités sont tellement complètes qu’elles ont été découpées en plusieurs catégories. Cela va du festival du film israélien à Bruxelles à l’annonce d’une tentative de kidnapping, en passant par le concours Eurovision ou les messages du Premier ministre Ehud Olmert aux communautés de la diaspora (juifs à travers le monde). Quelques points à améliorer malgré tout : la concision des accroches en page d’accueil (actuellement trop longues), la fonction de retour vers la page d’accueil (aujourd’hui inexistante) ainsi que les performances du serveur (délai d’affichage fort lent lors de nos visites).

L'ambassade de Finlande
 
Une vitrine du pays, multilingue

Le site web de l'ambassade de Finlande en Belgique

[Prise d'écran - 26 avril 2007 -
www.finlande.be]

Tout commence par le nom de domaine. Finlande.be reste tout de même le choix le plus élégant qui soit : la vitrine de la Finlande en Belgique. D’autres ambassades (voir plus bas) feraient bien de s’inspirer d’une telle adresse, simple, intuitive et efficace du point de vue des moteurs de recherche. Tout comme Israël, la Finlande mise sur le rédactionnel et la publication régulière d’actualités. Le tout en cinq langues – excusez du peu ! Tous les contenus sont disponibles en Français, en Néerlandais, en Anglais, en Finnois ainsi qu’en Suédois. La mise en page des actualités correspond aux pratiques journalistiques les plus professionnelles : titres, intertitres, chapeaux, photographies accompagnées d’une légende, fonctions « imprimer » et « envoyer à un ami ». Quelques bémols toutefois : la qualité des traductions n’est pas toujours à la hauteur, l’utilisation des cadres (« frames ») engendrent quelques problèmes d’affichage (notamment au niveau du calendrier culturel), d’impression et de référencement, tandis que la navigation sous la forme de textes-images au corps très petit et qu’on ne peut agrandir ne favorise pas la lisibilité ni l’accessibilité des contenus.

L'ambassade du Honduras
 
Un petit pays qui s'en sort pas mal

Le site web de l'ambassade du Honduras à Bruxelles

[Prise d'écran - 26 avril 2007 -
www.honduras.be]

Soyons réalistes, certains ont plus de moyens que d’autres. Les petites nations pauvres de la planète ne seront sans doute pas les premières à investir dans un portail en cinq langues. Pourtant, un petit pays peut avoir un intérêt économique à développer une vitrine en ligne. C’est ce que le Honduras a bien compris, en misant fortement sur la carte touristique. Sur le site web de la mission officielle du Honduras à Bruxelles, vous êtes projetés dans un univers paradisiaque, fait de palmiers, de sable blanc, de lagunes transparentes, de monuments incas et de visages souriants aux tresses colorées. C’est l’ambassade dans le rôle d’agence de voyage et de facilitateur touristique. « Nous sommes conscients de posséder de petites structures et que c’est un réel défi pour nous de toucher un maximum de personnes et de donner ainsi de l’intérêt à notre pays. », nous explique-t-on sur la page d’accueil. Certes, il reste des efforts à faire, notamment dans la gestion des « news », que l’éditeur ne parvient pas, actuellement, à intégrer proprement. Mais, dans l’ensemble, le site web remplit bien sa fonction.

L'ambassade de Madagascar Un accueil en toute simplicité
 

Le site web de l'ambassade de Madagascar à Bruxelles

[Prise d'écran - 26 avril 2007 -
www.ambassademadagascar.be
]

Ce qui est agréable, pour la personne qui découvre le site web de l’ambassade de Madagascar, c’est la sensation de se faire accueillir. L’environnement paraît plutôt chaleureux, les choix de navigation sont peu nombreux et simples à interpréter (« tourisme », « commerce », « formalités », « liens web »,...). Vous faites rapidement le tour des contenus, ce qui vous donne la sensation de ne pas vous perdre. Cependant, une lecture plus détaillée fera apparaître plusieurs éléments d’une grande naïveté. Le webmaster se dilue dans quelques recommandations parfaitement inutiles. Du genre : « Cliquez simplement sur le mot-clé souligné, vous aurez ainsi accès à la page traitant du sujet choisis ». La page « commerce » présente la situation du pays sous un angle étonnamment défavorable. Elle n’incite en aucune façon les relations commerciales. Sur le plan de l’accessibilité, le site de l’ambassade de Madagascar reste très imparfait. La page d’accueil est une composition d’images sans textes alternatifs. Un aveugle sera dans l’incapacité totale d’accéder au contenu. Malgré ces faiblesses, nous avons décidé de classer le site de Madagascar parmi nos bons exemples en raison de sa convivialité et de sa simplicité.


4 exemples à ne pas suivre


L'ambassade d'Algérie
Question de lisibilité
 

Le site web de l'ambassade d'Algérie à Bruxelles

[Prise d'écran - 26 avril 2007 -
www.algerian-embassy.be]

L’ambassade d’Algérie offre un site web relativement riche sur le plan du contenu. Tout le problème réside dans la lisibilité de ce contenu. De très petits caractères sont utilisés avec des contrastes de couleur insuffisants (genre beige sur fond vert foncé). L’alignement centré de certaines informations n’arrange rien. Les titres ne ressortent pas suffisamment. Ils sont noyés dans une masse de texte qui incite fort peu à la lecture. Les espaces sont mal gérés. Manque de respiration. Manque de contraste typographique. De nombreux passages soulignés donnent envie de cliquer mais ne contiennent aucune interactivité. Erreur la plus spectaculaire : les quelque 20% d’utilisateurs du navigateur Firefox verront la colonne de navigation à gauche clignoter nerveusement. Le drapeau des Pays-Bas flotte comme par grand vent mais ne permet pas l’accès à une version néerlandophone. A d’autres endroits, on note certaines carences sur le plan de l’ergonomie. Par exemple, le visiteur qui désire un visa sera amené à faire son choix entre le AC-42 ou AC-43, sans savoir lequel de ces formulaires correspond au visa touristique, de voyage d’affaires ou de visite familiale. Tous les problèmes de forme évoqués plus haut pourraient être réglés assez facilement, nous semble-t-il, par la mise en place d’une bonne feuille de style.

L'ambassade d'Italie
 
Pauvre offre linguistique et promesses déçues
 

Le site web de l'ambassade d'Italie à Bruxelles

[Prise d'écran - 26 avril 2007 -
www.ambbruxelles.esteri.it]

Au premier coup d’oeil, le site de l’ambassade d’Italie à Bruxelles semble très professionnel. Il a l’allure d’un portail bien fait. Mais cette première impression sera vite trahie par une accumulation de lacunes. Tout d’abord, l’information n’est disponible qu’en Anglais et en Italien. L’ambassade ne s’adresse pas aux Belges dans leurs langues nationales (Français, Néerlandais ou Allemand). Ensuite, le portail apparaît par endroit comme une coquille vide. Comme cette section au nom prometteur « Online with the user » (traduisez : « En ligne avec l’utilisateur ») qui finalement ne contient que liens brisés, messages d’erreur ou informations inutilisables. D’autres rubriques, comme « Doing Business in Belgium » ou « Doing Business in Italy », se limitent à une compilation de liens en vrac qui mériteraient d’être bien davantage mis en valeur ou replacés dans leur contexte. Une fois sur deux, l’information n’est pas disponible en Anglais. La mise en page reste finalement assez froide. Jusqu’à la page de l’actuel ambassadeur qui, comme discours de bienvenue, nous dessert son curriculum vitae.

L'ambassade de Côte d'Ivoire
 
Plus qu'artisanal
 

Le site web de l'ambassade de Côte d'Ivoire à Bruxelles

[Prise d'écran - 26 avril 2007 -
www.ambacibnl.be]

Une ambassade sur deux ne possède pas de site web. En ce sens, un site comme celui de l’ambassade de Côte d’Ivoire a déjà le mérite d’exister et d’offrir une présence minimale en ligne. Néanmoins, il pourrait grandement gagner en professionnalisme. Le nom de domaine, pour commencer, n’a rien d’intuitif : ambacibnl.be est une contraction qui n’a de sens que pour l’émetteur de l’information, pas pour un moteur de recherche ni pour un utilisateur qui tente de deviner, transmettre ou mémoriser une adresse. Certains noms plus parlants sont pourtant libres, comme « ambassade-cotedivoire.be ». La problématique du nom de domaine, pour les sites d’ambassade, reste importante, étant donné qu’il ne semble pas exister de répertoire des sites web des représentations étrangères en Belgique. Le portail officiel (diplomatie.be) ne mentionne étonnamment pas les adresses internet des ambassades. Seuls les e-mails sont fournis. Mais revenons au site web de l’ambassade de Côte d’Ivoire... Il est truffé de signes d’amateurisme : un graphisme rudimentaire et une navigation fort compliquée pour un site qui ne contient que quelques données de base. A défaut de maîtriser le média, une simple carte de visite statique, sans navigation, nous paraîtrait plus judicieuse.

Le Royaume-Uni auprès de l'Union européenne Inélégant et indigeste
 

Le site web de représentation du Royaume-Uni auprès de la Commission européenne

[Prise d'écran - 29 avril 2007 -
www.ukrep.be
]

Un premier coup d’oeil vers le logo vous donne déjà la sensation d’un site de mauvais goût. L’indication « home page », en jaune vif, vient mordre sur le blason. La démonstration visuelle s’arrête là ; le principal de la page est constitué de blocs de textes découpés par de lourdes languettes bleues et brunes. La navigation à gauche contient une douzaine de rubriques mal classées et qui tiennent parfois sur deux lignes. Une dizaine de gros titres, empilés les uns sur les autres, se font concurrence au centre de l’écran. Cette mise en page exige beaucoup de motivation de la part du lecteur. Les liens ouvrent, sans prévenir, des fichiers Word ou PDF. La lisibilité (bleu clair sur fond blanc) n’est pas exceptionnelle. Toujours sur la page d’accueil, comme pour compenser la faiblesse du système de navigation, non moins de trois liens pointent vers le « site map ». Heureusement que les Britanniques nous montrent souvent le bon exemple sur le Web, sans quoi nous serions tentés de comparer ce site à la nourriture d’outre-Manche : peu appétissante et peu digeste.

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NDLR : L'objectif de la présente rubrique est de mettre en évidence certaines faiblesses et certains points forts ponctuels d'une série de sites internet. Il ne s'agit en aucun cas d'une évaluation globale des sites web.

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