Google : pour le meilleur et pour le pire
[Octobre 2006]
Google, c’est un monde en soi. Derrière
son interface aussi invariable qu’épurée,
se cache une galaxie de services et une collection inépuisable
de données. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on
annonce un nouveau produit ou un nouveau rachat. Aujourd’hui
surnommé « la pieuvre », le petit moteur
de recherche a volé la vedette à Microsoft dans
le rôle de Big Brother. Ce mois-ci, nous explorons le
côté clair et le côté obscur de la
force. |
4 exemples à suivre
| Google Search |
La puissance de la simplicité |
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[Prise d'écran - 28 avril 1999 -
www.google.com via www.archive.org] |
Début 1999, à une époque où trônent
Yahoo! et Altavista, un petit nouveau, du nom de Google, va
parvenir à s’imposer mondialement en l’espace
de quelques mois.
A la différence de ses concurrents, dont les pages
d’entrée se sont progressivement complexifiées,
Google a choisi de miser sur une interface extrêmement
dépouillée. A cette époque, les connexions
sont lentes. Simplicité et performance vont s’avérer
payantes. Sur la page d’accueil de Google, pas de publicité.
Uniquement la recherche par mot clé. Uniquement ce
que l’utilisateur est venu chercher.
Depuis, l’entreprise n’a cessé de grandir
et de développer de nouveaux services : de la traduction
en ligne à la cartographie, en passant par les applications
bureautiques. Mais le génie de la politique de Google
reste de ne jamais avoir cédé à la tentation
de tout étaler sur sa page d’accueil.
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Google Earth
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La terre entière
à portée de souris |
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[Prise d'écran - 20 octobre 2006 -
http://earth.google.com] |
Voici une application bien symbolique de la puissance planétaire
de Google.
Tout un chacun a désormais la possibilité de
survoler gratuitement le globe terrestre (sur cette prise
d’écran : le Grand Canyon). Cela va de la vue
aérienne à l’exploration détaillée
d’un quartier. Avec possibilité d’incliner
les vues ou de faire pivoter les images, de manière
à profiter pleinement de la 3D. Google Earth permet
de rechercher des écoles, des parcs, des hôtels
et des restaurants. Ou de calculer des itinéraires,
à l’instar du petit frère Google Maps.
Une chose est sûre, ces applications prendront un essor
important lorsqu’elles se croiseront avec des bases
de données commerciales fiables (Y a-t-il un garage
Peugeot à Thessalonique ?). Google semble l’avoir
bien compris. Et il n’est pas le seul sur le coup :
voyez les
expérimentations des Pages Jaunes, en France.
Et croyez-vous que Google va s’arrêter en si
bon chemin ? Pas du tout, l’entreprise s’attaque
à présent à l’espace : la
lune et la
planète mars.
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Google Analytics
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Plus complet
que certains services payants |
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[Prise d'écran - 20 octobre 2006 -
www.google.com/analytics/] |
En mettant à disposition du public un outil gratuit
d’analyse de fréquentation des sites web, Google
a dû faire frémir certains distributeurs.
De fait, Google Analytics offre davantage de fonctionnalités
que certains outils payants. Vous pouvez gérer plusieurs
sites et obtenir : le nombre de visites, le nombre de visiteurs
uniques, le nombre de visiteurs récurrents, l’origine
géographique des visiteurs, l’équipement
technologique des visiteurs (résolutions d’écran,
navigateurs,…), les mots clés qui vous amènent
du trafic, les sites web et moteurs de recherche qui vous
amènent le plus de visiteurs, les pages les plus visitées,
les tendances du jour, de la semaine, du mois ou de l’année,
les éléments le plus cliqués dans chaque
page, etc.
Mais le service ne s’arrête pas là : il
permet de définir (moyennant une configuration un peu
compliquée) des parcours stratégiques et des
objectifs marketing, et d’en mesurer les taux de conversion
correspondants.
Certes, tout n’est pas parfait. Par exemple, nous regrettons
l’absence de données précises concernant
les pages référentes. Seuls les noms de domaine
sont fournis, ce qui s’avère souvent insuffisant.
Mais pour une première version, gratuite de surcroît,
on ne va pas faire les difficiles.
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| Google Website Optimizer |
Optimiser votre stratégie
publicitaire |
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[Prise d'écran - 20 octobre 2006 -
http://services.google.com/websiteoptimizer/] |
L’absence de publicité sur sa page d’accueil
ou l’absence de bannières graphiques tapageuses
dans ses pages intérieures ne doivent pas vous tromper
: de la publicité, Google en fait. Avec des résultats
insolents. 25% du marché publicitaire américain…
jamais on a assisté à une telle concentration
des revenus publicitaires.
Le gros attrait des publicités sur Google, c’est
leur caractère ciblé. Je cherche de l’information
sur des hôtels à Moscou et je tombe sur des publicités
en liaison directe avec l’objet de ma recherche. Ces
publicités sont présentées sous la forme
de simples hyperliens textuels. De nombreux utilisateurs ne
font d’ailleurs pas la différence entre les résultats
publicitaires et les résultats organiques (traduisez
: résultats normaux) du moteur de recherche.
Dernièrement, Google vient de sortir une application,
intitulée Website Optimizer, destinée à
affiner votre stratégie publicitaire. Cette application
permet aux designers de tester des variables sur les «
landing pages » (traduisez : les pages sur lesquelles
on atterrit après avoir cliqué sur une publicité),
de façon à trouver les combinaisons les plus
performantes, les titres d’accroche et les visuels qui
génèrent le meilleur taux de conversion. De
quoi renforcer encore l’attrait des « Adwords
» (publicités Google).
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4 exemples à ne pas suivre
Google dispersé
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Pas de porte
d'entrée vers l'ensemble des services |
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[Prise d'écran - 20 octobre 2006 -
www.usabilityviews.com/simply_google.htm] |
Autant nous apprécions la détermination avec
laquelle Google a su préserver la simplicité
de sa page d’accueil principale, autant nous regrettons
l’absence d’une page unique répertoriant
les nombreux services proposés par l’entreprise.
Cette page existe… mais elle est produite par d’autres
! Visitez donc « Simply
Google ».
Cette initiative comble une lacune en compilant l’ensemble
des moteurs de recherche, logiciels, sites web et blogs édités
par Google. Comme vous pouvez vous en rendre compte, la liste
est longue : outils d’alerte, gestion des comptes personnels,
suivi des statistiques de fréquentation, calendrier
en ligne, messagerie électronique (Gmail), pages dynamiques
personnalisées, groupes de discussion, outils de suggestion
de mots clés par association, livres digitalisés,
boutique en ligne, statistiques sur les mots clés les
plus recherchés, site de rencontres, cartographie,
logiciels bureautique et d’édition d’images,
lecteur vidéo, calculatrice, traductions en ligne,
annuaire, une quinzaine de moteurs de recherche spécialisés
et une quinzaine de blogs.
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Google surpuissant
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Une insécurité
économique inacceptable |
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[Prise d'écran - 20 octobre 2006 -
www.bmw.de]
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Google a le pouvoir de vous anéantir. C’est
lui qui décide de la visibilité que vous méritez.
C’est lui qui décide de vous indexer ou de vous
jeter aux oubliettes. Pour des raisons laissées à
sa seule discrétion. Toutes les personnes et entreprises
qui ont construit leur activité autour d’Internet
(et j’en fais partie) devraient en trembler.
Imaginez donc : c’est un peu comme si, dans le monde
réel, une société privée disposait,
comme bon lui semble, de la rue et de l’enseigne qui
mènent à votre commerce.
Il y a quelques mois, la société BMW a vu son
site web rayé de la carte par Google pour pratiques
douteuses en matière de référencement.
En quelques jours, les choses sont rentrées dans l’ordre,
Google ayant accepté les arguments du constructeur
automobile. Mais d’autres, dans les mêmes conditions,
n’ont même pas droit au chapitre.
Il serait très appréciable que Google fournisse
un support ou service de médiation, même payant,
qui garantirait aux exploitants de sites web la possibilité
de poser des questions liées à leur référencement,
de signaler des anomalies ou de traiter des situations litigieuses.
Plus qu’une simple liste de questions fréquemment
posées.
A quand un cadre légal solide venant réguler
cet immense pouvoir de Google sur l’échiquier
de la nouvelle économie ?
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Google condamné
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Pour violation
des droits d'auteur |
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[Prise d'écran - 26 septembre 2006 -
www.google.be]
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Quelle ne fut pas la surprise de nombreux internautes belges
de découvrir, le matin du samedi 23 septembre, la page
d’accueil de Google Belgique défigurée
par la publication en bloc du jugement du tribunal de première
instance de Bruxelles. Ce jugement condamne la société
Google pour violation des droits d’auteur et l’enjoint
à retirer de tous ses sites (y compris Google «
cache ») tous les articles, photographies et représentations
graphiques des éditeurs belges de presse francophone
et germanophone.
Cette décision a provoqué d’innombrables
réactions, dans un sens comme dans l’autre. Les
professionnels de la presse se sont, dans l’ensemble,
réjouis de la victoire de leurs confrères belges
: l’Association mondiale des journaux (AMJ), l’Agence
France-Presse (AFP) ou la Fédération nationale
de la presse française (FNPF) souhaitent, chacune à
leur niveau, que cette affaire fasse jurisprudence. A l’inverse,
dans le milieu de la blogosphère et des spécialistes
Internet, de nombreuses personnes ont manifesté leur
incrédulité. « Comment peut-on se couper
de son trafic ?!? », ont crié certains, allant
jusqu’à traiter la presse belge de « stupide
» ou de « suicidaire ». Et, de fait, les
sites web des quotidiens Le
Soir, La
Dernière Heure ou La
Libre n’apparaissent plus aujourd'hui dans les résultats
du moteur de recherche.
Les nouveaux médias et la presse traditionnelle ont
entamé un combat dont on n’a pas fini de parler.
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| Google,
Big Brother |
Il fouille
vos tiroirs et écoute votre télévision
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[Prise d'écran - 20 octobre 2006 -
http://desktop.google.com] |
Il vous est sûrement déjà arrivé
de chercher un fichier, sur votre propre ordinateur avec beaucoup
de difficultés. L’explorateur Windows n’est
pas ce qu’on fait de mieux en matière de facilité
de recherche : il est lent, peu accessible et pas toujours
facile à paramétrer pour le commun des mortels.
C’est pourquoi Google Desktop a été accueilli
si favorablement. Il permet d’adjoindre à votre
moteur de recherche habituel la possibilité de retrouver
des informations sur votre propre bureau. Extrêmement
simple d’utilisation et redoutablement efficace.
Oui, mais quid des questions de confidentialité et
de protection des données personnelles ? Bien sûr,
Google vous rassure sur son respect inconditionnel de la vie
privée, mais il n’empêche qu’il détient
entre ses mains vos secrets les plus intimes. Un peu de politique
fiction : Que se passerait-il si le management de Google optait
pour une autre philosophie ? Quid s’il se laisse tenter
à vendre certains renseignements ? Quid si, pour une
raison bonne ou mauvaise, le gouvernement américain
décidait de mettre la main sur cette masse de données ?
Mais ce n’est pas tout, l’ogre de Moutain View
s’intéresse aujourd’hui aux systèmes
d’écoute. Notamment un système qui, par
le biais d’une captation sonore ambiante, permettrait
d’identifier les programmes de télévision
que les internautes regardent, de manière à
leur proposer des publicités ciblées. Les responsables
chez Google nous rassurent : ces enregistrements seraient
compressés et ne permettraient pas de reconnaître
les conversations. « Well », dirait George Orwell.
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| Vous
désirez faire analyser votre propre site web ? |
NDLR : L'objectif de la présente rubrique
est de mettre en évidence certaines faiblesses et certains
points forts ponctuels d'une série de sites internet. Il
ne s'agit en aucun cas d'une évaluation globale des sites
web.
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